Brésil: Une « aventure » en Amazonie. par Charlotte Dafol (son site) samedi 18 juin 2022. 15. Réactions. 1. Recommandé. Ecoutez. Les corps de l’activiste Bruno Pereira et du journaliste
Tarifsdes appels reçus ou émis depuis l’étranger et l’Outre-Mer. Hors numéros courts et spéciaux. 2h d’appels / depuis la France métropolitaine vers les mobiles et fixes de
lafrance a appelÉ À une rÉsolution du conseil de sÉcuritÉ de l'onu sur le conflit au proche-orient - elysÉe
LaFrance est en train de devenir "insignifiante", a affirmé le ministre de l'Économie du Brésil, Paulo Guedes. Il a menacé de se détourner du marché français si Paris ne cessait pas ses critiques sur la déforestation en Amazonie, et a mis sur le même plan l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en 2019, et ceux qui ravagent la forêt
Selonla dernière étude d’opinion Datafolha, 56 % des Brésiliens se disent inquiets des menaces que fait peser leur président sur la démocratie. Mais seuls 37 % le croient capable d’aller
Jai essayé d'appeler depuis un téléphone fixe de France au 00 55 300 115 2121, 00 55 00 115 2121 mais ça ne marche pas. Pouvez m'éclairer pour trouver le bon numéro. Merci à vous d
. Essayez-vous d`entrer en contact avec un ami ou un parent qui se trouve dans le cinquième plus grand pays du monde? Passer un appel téléphonique au Brésil de n`importe où dans le monde est rapide et facile si vous comprenez le système d`appel international. Avant de passer l`appel, vous devrez voir l`heure brésilienne et obtenir quelques chiffres nécessaires le préfixe international, le code du pays du Brésil, la zone locale ou le code de la ville et le numéro de téléphone local. Cet article contient des détails sur la façon de trouver tous ces numéros, ainsi que des informations sur l`étiquette à utiliser avec un téléphone et des alternatives abordables afin d`utiliser votre téléphone pour les appels 1Faire l`appel sur un téléphone1Obtenez le code de sortie pour votre pays. Le code de sortie de votre pays vous permettra d`appeler à l`étranger. Il est également connu sous le nom de code d`accès international ou international direct dial code code DDI. Chaque pays a un code différent. Si vous recherchez en ligne "code de sortie de votre pays", il devrait apparaître quelques exemples de codes de sortie 011 pour les États-Unis. UU et Canada-00 pour le Royaume-Uni et de nombreux autres pays, comme l`Argentine et la Nouvelle-Zélande.2Rappelez-vous que le code pays du Brésil est 55. Un code de pays vous permettra d`appeler ce pays d`un autre pays le code pays du Brésil vous permettra d`appeler ce pays depuis l`étranger. Les codes de pays comportent un ou deux chiffres marquez-les après avoir marqué le code de sortie de votre ce moment les chiffres que vous marqueriez dans votre téléphone seraient "code de sortie de votre pays" + "55". Si vous êtes aux États-Unis ou au Canada, ce serait vous souhaitez rechercher un code de pays, la recherche en ligne suivante devrait vous donner des résultats immédiats "Quel est le code du pays le pays?".3Confirmez que vous avez la bonne zone ou le bon code de ville. Un indicatif régional peut comporter de un à trois chiffres et vous limiterez géographiquement votre appel dans le pays que vous appelez. Le Brésil utilise des indicatifs régionaux à deux chiffres et en a beaucoup, par conséquent, celui que vous utilisez dépend de la ville ou de la zone que vous devez appeler. Si vous ne connaissez toujours pas l`indicatif régional, recherchez indicatif régional de ville de Brésil» sur exemples de l`indicatif régional brésilien sont 21 pour Rio de Janeiro, 91 pour Anapolis, 11 pour Sao Paulo. Si vous appelez quelque part à Sao Paulo depuis les États-Unis, les numéros que vous composeriez à ce moment-là seraient 011-55-11» avant le numéro local à huit chiffres.Il est probable que le numéro de téléphone inclut déjà l`indicatif régional. Vous pouvez le voir entre parenthèses devant le numéro local, par exemple, 11 bien le numéro de téléphone local que vous souhaitez composer. C`est le numéro de téléphone direct de la résidence ou de l`entreprise à laquelle vous allez vous adresser au Brésil. Le Brésil utilise des numéros de téléphone locaux à huit chiffres. Si vous n`êtes pas sûr du numéro, vérifiez bien par e-mail ou sur les réseaux sociaux afin d`établir un contact personnel ou par le biais d`une recherche sur Internet s`il s`agit d`une entreprise, d`un organisme gouvernemental, etc..5Notez le numéro de téléphone international complet. Avant de passer l`appel, vous pouvez écrire le numéro de téléphone ou l`entrer dans un document texte au cas où vous auriez besoin de l`utiliser à des numéros sera "code de sortie de votre pays" + "55" code de sortie du Brésil + "indicatif régional du Brésil" + "numéro de téléphone local à huit chiffres".Si vous appelez le numéro local 5555-5555 à Sao Paulo, au Brésil, des États-Unis. UU., Vous l`écrivez et ensuite vous composez le le numéro de téléphone international complet. Une fois que vous avez tout le nombre nécessaire, marquez et attendez un son pour que vous sachiez que vous avez une connexion 2Envisager des méthodes d`appel moins coûteuses1Utilisez une application Internet. Les applications avec voix sur IP protocole de voix sur Internet vous permettront de faire des appels internationaux beaucoup moins chers que votre fournisseur de services téléphoniques. Tout ce dont vous aurez besoin est un ordinateur, une tablette ou un smartphone et une connexion applications les plus populaires sont Skype, Google+ Hangouts, Viber et vous appelez fréquemment le Brésil, vérifiez si votre application de voix sur IP offre des abonnements ou des tarifs mensuels fixes pour un nombre prédéterminé de minutes dans les appels vers le Brésil. De cette façon, vous pouvez réduire considérablement votre voix sur IP par un chat vidéo. Si vous appelez quelqu`un que vous connaissez, vous pourriez envisager de leur demander de discuter par vidéo avec vous. De nombreux sites et applications de réseaux sociaux notamment Google+, Hangouts et Skype offrent des services de chat vidéo la même manière, de nombreuses applications WhatsApp, Skype, Facebook permettent des appels gratuits au sein des applications, ce qui signifie que la personne qui effectue l`appel et celle qui la reçoit ont besoin d`une connexion Internet pour pouvoir le une carte téléphonique internationale. Si vous n`avez pas de connexion Internet et que vous disposez d`une ligne fixe avec des minutes locales gratuites, votre meilleure option est probablement une carte d`appel. Les tarifs et les frais cachés pour les cartes d`appel varient beaucoup. Recherchez une carte d`appel offrant des prix simples et clairs et peu de frais cachés et d`extras. Les cartes d`appel les plus populaires sont Pingo, EnjoyPrepaid, Comfi, NobelCom et moins que votre téléphone portable ait des minutes illimitées, une carte d`appel n`est probablement pas votre meilleure option puisque vous pourriez finir par payer pour vos minutes de téléphone portable après les minutes sur la fin de carte d`appel. Si votre fournisseur de téléphonie cellulaire vous facture 25 cents par minute et que la carte d`appel vous coûte deux cents de plus par minute, vous paierez au moins 27 cents par minute sans compter les frais de connexion ou les coûts cachés que vous pourriez devoir payer avec la carte d`appel.4Vérifiez auprès de votre fournisseur de téléphone. Si vous faites des appels internationaux constants et que vous n`êtes pas très désireux ou que vous ne pouvez pas utiliser une application avec la voix sur IP, pensez à appeler votre fournisseur de téléphone pour voir s`il peut vous offrir un forfait international 3Pratiquez une bonne étiquette1Gardez à l`esprit l`heure locale. Il y a quatre fuseaux horaires au Brésil qui varient de -2 à -5 heures par rapport au temps moyen de Greenwich GMT, pour son sigle en anglais, qui est le méridien international qui marque le point de départ pour tous les autres fuseaux horaires. Le fuseau horaire officiel pour le Brésil où sont Rio, Sao Paulo et la capitale fédérale Brasilia est de -3 exemple, si vous appelez Sao Paulo depuis New York à l`heure d`été DST, pour son acronyme en anglais est valide, gardez à l`esprit que le premier aura une heure d`avance sur le second à ce moment-là . Il serait particulièrement important de faire attention à ce détail si vous appelez la nuit car le destinataire peut quelque chose de Portugais de base. La langue officielle du Brésil est le portugais. Le fait de connaître certaines phrases de base vous évitera d`être confus si quelqu`un qui n`est pas votre destinataire répond au téléphone"Bonjour, mon nom est ..." en portugais est "Oi, meu nome é ..."."Parlez-vous mettez votre langue ici, par exemple, l`espagnol?" En portugais, c`est "Você fala espagnol?"."S`il vous plaît, je peux parler à ..." en portugais est "S`il vous plaît, posso falar com ..."."Puis-je laisser un message s`il vous plaît?" En portugais, "Eu posso s`il vous plaît deixe uma mensagem?"."Mon numéro de téléphone est ..." en portugais est "O meu telefone é ..."."Merci beaucoup" en portugais est "Muito obrigado" obrigadoa si vous êtes une femme.3Préparez-vous à suivre. Certaines sources suggèrent que pour les Brésiliens, les appels téléphoniques ne sont pas aussi efficaces que les courriels et les visites personnelles, par conséquent, on obtient rarement des messages de réponse vocale. Si vous laissez un message à quelqu`un et qu`il ne vous répond pas dans un délai de deux ou trois jours, vous pouvez éventuellement contacter la personne ou l`entreprise par e-mail ou simplement appeler une fois de de ne pas être grossier ou d`exprimer votre frustration d`avoir de la difficulté à communiquer par téléphone ou par messagerie vocale. C`est probablement juste une différence vous suivez les étapes ci-dessus mais que votre appel n`est pas effectué, raccrochez et appelez l`assistance d`un opérateur pour que vous puissiez obtenir de l`aide de l`un d`entre eux afin de passer l`appel. Pour l`Amérique du Nord, le numéro d`un opérateur pour les appels interurbains est 00, alors qu`au Royaume-Uni, il est 155. Le numéro sera différent selon les pays. Rappelez-vous que ce n`est pas le même nombre que le numéro de présence d`un opérateur local qui en Amérique du Nord est 0.Pensez aux codes de sortie et de pays comme s`il s`agissait de portes qui s`ouvrent vous marquez le code de sortie de votre pays pour ouvrir une porte et sortez de là - puis, vous marquez le code de pays du pays de destination pour ouvrir une porte à ce pays et y entrer. Compartir en redes sociales Relacionada
Une des premières choses que nos proches demandent lorsqu’on s’apprête à partir à l’étranger c’est Comment on va te joindre ? ». Certes, il y a Internet et tout ce qui l’entoure, mais comme Internet n’est pas toujours opérationnel selon les régions où l’on se trouve, il vaut toujours mieux avoir son téléphone sur soi. C’est dans ce contexte de doute et de questionnements que je me suis demandé, comment vais-je pouvoir appeler mes proches du Brésil et comment, eux, ils vont faire pour me contacter à leur tour ? La question aussitôt posée, les réponses sur l’indicatif Brésil ont fusées … Sommaire1 Je suis arrivé au Brésil et je veux appeler ma famille à l’étranger »2 Je suis au Brésil et mes proches souhaitent m’appeler de France »3 Je suis au Brésil et mes amis des Etats-Unis souhaitent m’appeler »4 Je suis au Brésil et je veux appeler mes proches à l’étranger »5 Je suis au Brésil et je veux effectuer des appels sans sortir du Brésil » A Lire Aussi Je suis arrivé au Brésil et je veux appeler ma famille à l’étranger » Après un vol assez long environ 11h et plus, mais agréable, j’ai finalement atterri à l’aéroport du Galeão à Rio de Janeiro. Les bagages récupérés, je me dirige vers le taxi que j’ai préalablement commandé auprès d’une agence. Sur le chemin de l’hôtel, je lui demande de me prêter un instant son téléphone pour pouvoir effectuer un coup de fil vite fait. Une minute d’hésitation passée, je lui explique que je ne vais pas toucher à son forfait, car ce sera un appel en PCV. Le soulagement se lit sur le visage du brave homme et hop, il me donne son mobile. Le téléphone en main, je saisis la formule magique pour les appels en PCV c’est-à -dire le 9090 + le numéro du correspondant ». Au bout de deux sonneries de l’autre côté de l’océan, on me répond enfin, mais l’appel fut bref, car cela coûte une fortune, surtout pour les parents. Pour comprendre, sachez que pour tous les appels en PCV, ce sera à votre correspondant de payer la facture s’il accepte l’appel. Là , il y a un risque qu’il refuse, mais cela dépend de qui appelle je pense. En ce qui concerne la formule ci-dessus, elle marche sur tous les téléphones, fixes ou mobiles. C’est une idée intéressante lorsqu’on se retrouve à court de crédit ou de batterie. Lire aussi – Hébergement au Brésil les différentes possibilités pour se loger Je suis au Brésil et mes proches souhaitent m’appeler de France » Vu mon budget assez limité, les appels en PCV, je les refuse à chaque fois. Heureusement que je me suis déjà acheté un téléphone sur lequel mes proches peuvent m’appeler quand ils le souhaitent. Pour ce faire, je leur ai déjà transmis la formule à saisir à savoir 00 + code pays + indicatif de la région sans le 0 + le numéro de téléphone à huit ou neuf chiffres ». Un peu longue comme formule et surtout avec des codes que tout le monde n’est pas censé connaître, mais si on la suit correctement, vous aurez votre correspondant au bout de la ligne en quelques secondes. Pour appeler au Brésil, voici les codes à retenir Code pays = 55 Indicatif région = cela varie selon la région où vous vous trouvez au Brésil, mais en règle générale, cela commence toujours par un 0 », celui qu’il ne faut pas taper Les indicatifs pour les régions principales du pays Rio de Janeiro 021 São Paulo 011 Salvador 071 Brasilia 061 Recife 081 Belo Horizonte 031 Manaus 092 Belem 091 Fortaleza 085 Florianopolis 048 Pour ce qui est du numéro de téléphone, c’est celui que votre opérateur vous délivrera après avoir acheté une puce. A titre d’exemple, vous pourrez alors avoir 00 55 21 XXXXXXXX Petite précision, si vos proches vous appellent depuis un téléphone mobile, la première série de chiffre à savoir 00 » sera remplacée par + ». Lire également – Guide brésil, comment bien préparer un voyage au brésil ? Je suis au Brésil et mes amis des Etats-Unis souhaitent m’appeler » Dans ce cas-ci, la formule reste la même, mais seul le préfixe de sortie 00 » va changer s’ils appellent d’un téléphone fixe. On aura alors 011 + 55 + indicatif région + numéro de téléphone ». Et bien sûr, s’ils appellent d’un téléphone portable, le 011 » sera remplacé par + ». Tout ceci pour dire que l’indicatif de sortie n’est pas forcément 00 », mais cela peut changer en fonction du pays de provenance de l’appel. Découvrez comment obtenir un visa pour le brésil ? Je suis au Brésil et je veux appeler mes proches à l’étranger » Pour pouvoir joindre mes proches à l’étranger depuis le Brésil, je dois utiliser la formule suivante 00 + code opérateur sans le 0 » + code pays + numéro de téléphone du correspondant ». Exemple 00 21 33 XXXXXXXXX 00 c’est le préfixe de sortie qui sera remplacé par + » depuis un portable 21 ou plus précisément 021 » se réfère à un opérateur téléphonique en France 33 c’est le code pour la France La suite c’est le numéro de votre correspondant Là , il faut faire attention, car tout le monde n’est pas abonné au même opérateur et la France n’est pas le seul pays que l’on peut appeler du Brésil. Il faut donc se renseigner à chaque fois pour ne pas se tromper de destinataire. Lire aussi sur le Guide brésil, quand aller au brésil ? Je suis au Brésil et je veux effectuer des appels sans sortir du Brésil » Puisque durant mon séjour, j’ai dû effectuer quelques appels en interne, il m’a bien fallu apprendre les usages. Trois cas de figure peuvent se présenter Pour appeler quelqu’un qui se situe dans la même ville que moi, Rio en l’occurrence, on parle d’appel urbain donc il me suffit de taper le numéro de téléphone à huit ou neuf chiffres, de mon correspondant sans codes spécifiques. Cela est valable que vous appeliez d’un fixe ou d’un mobile. Pour appeler quelqu’un qui se situe dans une autre ville, mais toujours au sein du même Etat, on parle d’appel interurbain et le numéro s’allonge, car il faut mettre trois codes différents devant le numéro du correspondant. On aura alors la formule suivante 0 + code opérateur + code local + numéro ». Exemple 0 31 81 XXXXXXXX 0 c’est le préfixe qui vous permet de sortir de l’Etat où vous vous trouvez pour émettre une liaison téléphonique vers une ville d’un autre Etat 31 c’est le code opérateur. Le 31 » n’est évidemment pas le seul opérateur qui opère au Brésil, donc renseignez-vous selon les cas. A part le 31 qui indique l’opérateur Oi, on a aussi le 15 pour Vivo, le 21 pour Claro, … Le 0 » situé, généralement au début du code, est à retirer 81 ici, c’est le code local qui se réfère à la ville de Recife. Là encore, on n’a pas mis le 0 » Le deuxième cas de figure est valable Pour les appels interurbains depuis un téléphone fixe. Depuis un mobile, saisir le numéro seul suffira Pour les appels interzonaux c’est-à -dire, d’un Etat vers un autre Etat et ce, que vous utilisiez un fixe ou un mobile Et pour ceux à qui cela semble un peu compliqué, on repart sur WhatsApp, Skype, Facebook, … lesquels proposent également des services d’appel, mais il faudra alors avoir une bonne connexion à Internet.
Depuis le 21 avril 2002, Cyberacteurs défend l’idée d’une primaire de la Gauche et des écologistes pour permettre aux citoyennes et citoyens de choisir leurs élus et les priorités de la campagne et éviter d’avoir un membre de la dynastie Le Pen au second tour. Pour éclairer le choix que chacune et chacun d’entre vous fera en conscience, je vous propose 3 points de vue. 1 Mon point de vue personnel Votons le 24 avril pour ne pas regretter d’avoir laissé d’autres décider pour nous 36 ans après Tchernobyl, 20 ans après le 21 avril 2002, 6 ans après le vote du Brexit et l’élection de Trump, Avec le sortant nous savons que nous devrons continuer à nous mobiliser Avec son adversaire nous ne savons pas si nous pourrons continuer à nous mobiliser 2 Le point de vue de Jean-François Julliard de Greenpeace Bonjour Alain, J’ai partagé avec vous la semaine dernière, au lendemain du 1er tour de l’élection présidentielle, ma vive inquiétude face aux résultats décevants pour le climat mais aussi face à la menace de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir dans notre pays. Vos nombreux messages de soutien, mais aussi vos interrogations nous ont évidemment touchés et questionnés. Pourquoi Greenpeace, une organisation de protection de l’environnement, non partisane, appelle-t-elle à rejeter l’extrême droite ? Ça mérite quelques explications. Je suis personnellement en contact quotidien avec nos collègues de Greenpeace sur tous les continents. Ils et elles me font part de leur combat dans des contextes politiques autoritaires. Je voudrais partager avec vous un de ces témoignages, reçu il y a quelques jours. Une collègue de Greenpeace Brésil nous a fait parvenir cette vidéo. Impossible de rester indifférent face à ce qu’elle raconte du quotidien des militants et militantes de l’environnement sous le gouvernement d’extrême droite de Jair Bolsonaro. Impossible aussi pour moi de ne pas repenser au soutien exprimé par Marine Le Pen à Jair Bolsonaro, au lendemain de son élection à la présidence du Brésil ; ou à ses déclarations relativisant des propos extrémistes de ce même Jair Bolsonaro. Des témoignages similaires, nous en recevons aussi de la part de nos alliés. Notamment d’un pays européen, proche de chez nous la Hongrie. Là encore, Marine Le Pen assume sa proximité idéologique avec Viktor Orban, dirigeant hongrois d’extrême droite. La France n’est évidemment ni le Brésil, ni la Hongrie. Mais le soutien de M. Le Pen à J. Bolsonaro et V. Orban, les racines de son parti, le cœur de son programme et ses déclarations récentes laissent craindre le pire pour les plus fragiles, pour nos libertés et la capacité de la société civile à se mobiliser ainsi que pour le climat et l’environnement. Quand M. Le Pen se permet de qualifier les alertes du GIEC de “grandes déclarations sur des prétendus enjeux globaux” ou d’appeler à une transition encore “moins rapide”, relativisant l’urgence climatique, elle représente un danger pour le climat. Au-delà du climat, la menace de l’extrême droite nous concerne toutes et tous, et particulièrement en tant que sympathisants et sympathisantes d’une organisation militante comme la nôtre dont un des moyens d’action repose sur la désobéissance civile. Est-ce notre rôle à nous, organisation de défense de l’environnement, de prendre la parole sur les droits humains, la liberté, l’égalité ? Je ne conçois pas de garder le silence, alors que c’est le sens même de notre combat et les moyens de le mener qui sont aujourd’hui menacés. A la veille du second tour, je reste convaincu que c’est bien notre rôle de rappeler notre rejet catégorique de l’extrême droite, en soulignant encore une fois que cela ne constitue en aucun cas un blanc-seing à Emmanuel Macron. Nous avons dénoncé le bilan médiocre du président-candidat, son programme écologique vide et ses promesses électoralistes de dernière minute. S’il est réélu dimanche, nous ne nous fierons pas aux promesses. Nous regarderons les actes. Et nous serons vent debout dès le 1er jour de son mandat et jusqu’au dernier, pour lutter pour l’écologie et la justice sociale. Merci de votre soutien, pour le climat et l’environnement. Jean-François Julliard Directeur général de Greenpeace France 3 Le point de vue d’Ugo Palheta Contretemps Le Pen, le 2nd tour et le danger fasciste. Réfutation de quelques objections courantes Le premier tour nous enferme dans une situation désastreuse, coincés entre fascisation et fascisme. Pour autant, dans ces conditions détestables que nous n’avons pas choisies, nous sommes condamnés à prendre une décision parce qu’il sortira bien de cette élection une présidente Macron ou Le Pen. L’abstention ou le vote blanc sont évidemment des options possibles, mais si une large part des électeursrices de gauche s’abstenaient ou votaient blanc, Marine Le Pen aurait de bonnes chances de l’emporter. Il est donc important de savoir ce qu’il en est du danger que représente le FN/RN. Or, l’une des difficultés en la matière c’est l’incertitude qui entoure une éventuelle présidence Le Pen, alors qu’à l’inverse chacune sait par expérience ce que sera une présidence Macron destruction sociale, répression des mobilisations, inaction climatique, stigmatisation des musulmanes, traitement ignoble des migrantes, etc. En somme tout ce qui a été au cœur de son quinquennat – mais qui a commencé il y a plusieurs décennies. Le Pen présidente, nous ne savons pas précisément comment les choses tourneront. Nous savons qu’elle s’en prendra en particulier aux migrantes, aux étrangersères et aux minorités, mais nous ne savons pas à quel rythme et avec quelle intensité. Nous savons qu’elle cherchera à briser les oppositions mais nous ne savons pas pour quelle stratégie elle optera guerre-éclair contre toute forme de contestation ou tentatives d’isoler la gauche sociale et politique de la majorité de la population, ni d’ailleurs quelles résistances lui seront opposées dans différents secteurs de la société, etc. Il faut avoir cela en tête pour ne pas se trouver désorienté si jamais Le Pen était élue un pouvoir d’extrême droite ne signifiera pas exactement la même chose aujourd’hui que dans l’entre-deux-guerres. Les conditions sociales, économiques, politiques et culturelles ont changé ; les dirigeantes du FN/RN en sont parfaitement conscientes, et ils savent qu’il leur faut adapter leurs stratégies, leurs discours, leurs manières d’exercer le pouvoir, etc. Cela n’enlève rien au danger, car le projet de ce parti est bien celui d’une renaissance nationale par purification du corps social, ce qui suppose nécessairement de s’en prendre à celles et ceux qui empêcheraient la nation de demeurer elle-même et de retrouver sa gloire » passée, en premier lieu les minorités ethno-raciales, religieuses, de genre et sexuelles, mais aussi d’écraser politiquement voire physiquement toute forme d’opposition – syndicale, politique, associative, journalistique, artistique, etc. Au vu des cinq dernières années, il y a mille raisons d’éprouver du dégoût et de la rage à l’idée de devoir utiliser un bulletin Macron pour écarter le danger Le Pen, au moins provisoirement, pour gagner du temps afin de renforcer l’antifascisme et construire une alternative politique. Mais la sous-estimation – ou pire encore la négation – du danger Le Pen ne sera jamais une bonne raison celle-ci, son parti et l’extrême droite en général continuent de représenter un ennemi mortel pour les mouvements d’émancipation, pour toutes celles et ceux qui aspirent à l’égalité, à la justice sociale et à une démocratie réelle. *** Le Pen ne peut pas gagner » La première objection courante à l’idée d’un danger spécifique consiste à prétendre que Marine Le Pen n’aurait aucune chance de l’emporter. Il est vrai qu’au vu des sondages, ce n’est pas le plus probable ; mais cela ne paraît plus aujourd’hui impossible. Ces sondages peuvent tout à fait manquer des tendances politiques importantes à l’œuvre dans une partie de la population, d’autant plus dans un scrutin qui comporte autant d’inconnus quelle part de l’électorat de gauche mais aussi de droite voteront pour Macron, ou pour Le Pen, ou s’abstiendront ; nul ne peut le savoir précisément. Est-ce qu’une part de l’électorat qui s’est abstenu lors du 1er tour pourrait significativement aller voter Le Pen pour dégager Macron ? Là encore, personne ne peut le dire. En tout cas les chiffres sont clairs la progression électorale de l’extrême droite a été énorme au cours des dix dernières années, ce qui signale un succès réel de la stratégie de respectabilisation mise en œuvre par Marine Le Pen. En 2002, Jean-Marie Le Pen avait obtenu environ 18% en 2nd tour de l’élection présidentielle soit à peu près 1 point de plus que son score du 1er tour. En 2017, Marine Le Pen a obtenu environ 34% au 2nd tour, près du double donc du score de son père quinze ans auparavant. Cette année, alors même qu’on la disait carbonisée après son débat raté de l’entre-deux-tours en 2017 et suite aux résultats décevants lors des dernières régionales, son score est estimé entre 43 et 49% et il pourrait encore évoluer, notamment en fonction du débat entre les deux candidats encore en lice. Elle pourrait rater la marche cette année, si les électeursrices de gauche se mobilisent à nouveau significativement pour l’écarter, mais qu’en sera-t-il lors de la période à venir si rien n’évolue par ailleurs, en particulier si n’émerge pas une alternative politique puissante capable de s’appuyer sur des mobilisations et, espérons-le, des victoires sociales ? Le Pen n’est pas fasciste » Courante, cette objection peut même se moduler en l’affirmation absurde, entendue plusieurs fois dans les médias dominants ces dernières années dans la bouche récemment de Michel Onfray, Marcel Gauchet, etc. Marine Le Pen ne serait pas ou plus d’extrême droite. Absurde parce que toute l’histoire du FN/RN depuis sa fondation en 1972, toute la trajectoire militante de Marine Le Pen depuis son adhésion au FN à l’âge de 18 ans en 1986, toutes ses alliances au niveau international, tout son programme, toutes ses références politiques principales, sont celles de l’extrême droite. Sans parler de toute la constellation de négationnistes, de nostalgiques du 3e Reich, de philonazis » ou d’identitaires obsédés de grand remplacement » qui continuent à être présents au sein du FN/RN. La question du fascisme se pose un peu différemment parce que la caractérisation de fasciste est plus exigeante et parce que l’étiquette est si lourde à porter que la quasi-totalité des partis d’extrême droite la refusent pour des motifs tactiques évidents. Impossible d’obtenir une audience de masse en se revendiquant du courant politique sans doute le plus honni du 20e siècle sans même parler de sa variété allemande, le nazisme, absolument indicible aujourd’hui sauf pour des groupuscules condamnés ipso facto à la marginalité. Pour beaucoup, le simple fait que le FN/RN refuse le qualificatif d’extrême droite et a fortiori de fasciste suffirait à montrer que ses dirigeants se sont éloignés de la matrice originelle ; du moins pour celles et ceux qui savent que cette matrice fut effectivement néofasciste lors de la fondation du parti en 1972, et en réalité cela n’est guère connu à une échelle large. D’autres considèrent que ses inflexions programmatiques feraient du FN/RN un simple parti de la droite conservatrice. Sauf que l’on précise rarement l’étendue de ces inflexions – en réalité très limitées si l’on s’en tient aux mesures phares qui distinguent le plus nettement le FN/RN – et on se demande encore moins si elles signifient l’abandon de leur projet politique. Comment définir ce projet dans son cœur, c’est-à -dire au-delà de ce qui a pu varier – voire ne cesse de varier – dans l’histoire du FN/RN sur les questions économiques, sociales, internationales, etc. ? Il peut s’énoncer facilement combattre le délitement » de la France en privant les étrangers » de droits, au sens ethno-racial que prend le terme étrangers » dans la logique de l’extrême droite, à savoir non pas seulement celles et ceux qui sont juridiquement étrangers même si ces derniersères seront à l’évidence les premières cibles, notamment les étrangersères non-européennes, mais tout ce qui serait fondamentalement étranger et hostile à la France – en particulier les musulmanes, dont la plupart sont pourtant Françaises. Il faut en outre prendre au sérieux l’idée que la permanence d’un tel projet a exigé des abandons partiels de propositions, d’un vocabulaire, etc. et des renouvellements langagiers et politiques, outre les modifications cosmétiques bien connues le Rassemblement national » plutôt que le Front national », la priorité nationale » plutôt que la préférence nationale », Les Français d’abord » plutôt que La France aux Français », etc. Cela est vrai en France, comme dans d’autres pays et pour d’autres forces FPÖ en Autriche, Fratelli d’Italia en Italie, Vlams Belang en Belgique, etc. Par exemple, Marine Le Pen a parfaitement compris – il ne fallait pas être une observatrice très fine de la vie politique il est vrai… – que la complaisance vis-à -vis de l’antisémitisme et du négationnisme est une ligne rouge depuis la Seconde Guerre mondiale et que les discours de son père pouvaient lui donner une aura de contestataire du système », du politiquement correct », etc. mais constituaient à long terme un lourd handicap électoral. À l’inverse, elle n’a jamais refusé d’employer les formules les plus violemment islamophobes par exemple en considérant que le foulard serait le marqueur d’une idéologie totalitaire » ou xénophobes Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d’immigrés ? […] Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ? » disait-elle en meeting en 2012. Elle avance en outre des propositions qui, pour certaines, vont plus loin que le régime de Vichy abroger la naturalisation par le mariage et supprimer le droit du sol pour les enfants nés en France de parents étrangers eux-mêmes nés en France, et pour d’autres l’interdiction du foulard dans l’espace public, seraient quasiment uniques au monde, notamment parce qu’une telle mesure entre en contradiction directe avec la Déclaration des Droits de l’homme de 1948 article 18. De même, les revendications les plus habituelles à l’extrême droite de remise en cause du droit à l’IVG ou du mariage pour tous » ont été mises en retrait parce que jugées minorisantes. Est-ce à dire que le FN/RN au pouvoir ne serait pas hostile aux droits des femmes et des LGBTQI ? Absolument pas tous leurs votes en tant qu’élues, notamment au niveau européen, prouvent le contraire. Le Pen ne pourra pas obtenir une majorité parlementaire » Selon un autre argument couramment employé, Marine Le Pen serait incapable d’obtenir une majorité parlementaire. Il est vrai que c’est un scrutin qui n’a jamais beaucoup réussi au FN/RN. À l’évidence, une victoire pour eux n’aurait rien d’assuré il se pourrait bien qu’à défaut d’un vaste mouvement de rue contre l’extrême droite, on assiste alors à une mobilisation de type électorale. Mais une défaite non plus n’est nullement garantie, pour plusieurs raisons. Il y a d’abord la prime au vainqueur de l’élection présidentielle. Depuis l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral, aucun parti l’ayant emporté à la présidentielle n’a été vaincu lors du scrutin législatif. Pour au moins deux raisons sans doute une victoire galvanise les partisanes du vainqueur ; une défaite décourage les sympathisantes des vaincues. En outre, l’élection de Marine Le Pen aurait pour effet prévisible de la légitimer auprès d’électeursrices qui se refusaient à elle et à son parti jusque-là mais qui trouveraient dans son élection un motif supplémentaire de considérer qu’il s’agit d’un parti respectable. Sans parler de l’onction démocratique » que donne l’élection au suffrage universel, et qui demeure intimidante pour beaucoup, malgré l’augmentation de l’abstention. Ensuite, on présume trop vite que Marine Le Pen demeurerait isolée. On oublie alors plusieurs éléments – même isolé, le FN/RN pourrait obtenir un grand nombre de députées dans le cadre de triangulaires ; – historiquement, des pans entiers de la droite conservatrice et libérale ont donné leur appui à des gouvernements d’extrême droite, notamment au moment de leur instauration et y compris en occupant des postes de ministres en Italie, en Allemagne ou encore au Portugal dans l’entre-deux-guerres ; – la droite parlementaire est composée de professionnels de la politique dont un grand nombre n’hésiterait pas longtemps à faire alliance avec le FN/RN pour conserver leurs postes s’ils estiment que, sur leur circonscription, une investiture LR ou LREM autre option ne permettrait pas leur réélection ; – ce phénomène serait encore accentué par l’énorme crise dans laquelle le score de Valérie Pécresse a plongé le parti qui, historiquement, représentait politiquement la bourgeoisie française le RPR devenu UMP puis LR ; – l’extrémisation de la droite au cours des quinze dernières années, jusqu’à la reprise par Pécresse du vocable fasciste de grand remplacement », a rendu idéologiquement acceptable l’alliance avec le FN/RN ; – le FN/RN est moins isolé qu’il y a cinq ans puisqu’à l’extrême droite a émergé un parti qui sera dans la période à venir à la fois un concurrent pour capter la radicalité xénophobe et raciste et un allié potentiel pour gouverner. Les élections législatives vont avoir une importance particulière cette année, en particulier pour le pôle populaire qu’a incarné Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle. Mais tout miser sur ces élections, c’est sous-estimer les éléments ci-dessus et faire ainsi un pari particulièrement risqué. Ajoutons en outre que l’absence d’une majorité parlementaire a déjà été prévue par le FN/RN, dès 2017, avec une stratégie claire et simple réformer la loi électorale et dissoudre l’Assemblée nationale pour y obtenir, cette fois, une majorité, notamment via l’instauration d’une forte prime au vainqueur de l’élection. Le Pen sera mise en échec par les institutions » Un autre argument revient fréquemment, en particulier dans ce qu’on peut appeler l’antifascisme républicain. Celui-ci prétend défendre les institutions contre les fascistes et assure que les institutions nous défendront contre les fascistes. Quelles sont ces institutions ? Qu’on prenne le problème par n’importe quel bout, il n’y a pas de quoi être rassuré. S’il s’agit de la Constitution de la Cinquième République, celle-ci est parfaitement adéquate à un pouvoir d’extrême droite. Non seulement le pouvoir exécutif est doté en régime ordinaire de pouvoirs très importants, mais depuis novembre 2015 nous avons vécu une grande partie du temps en état d’urgence » au nom de la lutte contre la menace terroriste puis, à partir de la loi du 23 mars 2020, sous la forme de l’ état d’urgence sanitaire », contre la pandémie. Qu’il y ait eu à prendre des mesures exceptionnelles, c’est l’évidence ; que cela se traduise sous la forme d’une dérive autoritaire, c’est ce qui est inacceptable. Aussi, depuis octobre 2017, une partie des dispositifs associés à l’état d’urgence – donc à une situation temporaire et exceptionnelle – sont passées dans le droit commun perquisitions administratives, assignations à résidence, fermeture de lieux de culte, etc.. En outre, deux articles de la Constitution permettent au Président de la République de s’affranchir davantage encore de toute forme de contrôle l’ état de siège » et les pouvoirs exceptionnels » article 16. Dans les deux cas, les formulations employées dans la Constitution laissent une grande marge de manœuvre au Président de la République, notamment dans l’appréciation du péril imminent » ou de la menace grave et immédiate », et lui donnent des pouvoirs démesurés. Si par institutions » on entend l’État, il est à la fois certain qu’il y aura des résistances dans certains secteurs de l’État mais que d’autres, en particulier les principaux appareils répressifs d’État police et armée seront assurément au diapason du nouveau pouvoir, notamment parce que Le Pen avance des propositions qui renforceraient leur pouvoir et leur impunité présomption de légitime défense indiscutable, pour peu que le FN/RN soit suffisamment habile pour ne pas se mettre à dos une partie des cadres de ces appareils. On savait la police gangrénée par l’extrême droite et ses idées », à tel point qu’une enquête du CEVIPOF montrait il y a un an que 74% des policiers actifs avaient l’intention de voter pour le RN, mais on a pu mesurer dans la dernière période, à travers des lettres ouvertes largement signées, qu’une partie importante de l’armée était également acquise à l’idée d’une nécessaire reprise en main » euphémisme pour désigner une offensive autoritaire permettant de faire face au délitement » de la France, notamment à ces fameuses hordes de banlieue » qu’évoquait l’une de ces lettres signée par vingt généraux. Quant à l’administration et aux autres institutions d’État, la plupart des expériences gouvernementales de l’extrême droite au 20e siècle n’ont guère montré une désobéissance généralisée aux directives du pouvoir, y compris lorsque les minorités étaient attaquées explicitement évidemment chacune pense ici au régime de Vichy et au traitement réservé aux Juifsves. Il y a bien sûr toujours eu des femmes et des hommes qui, dans ce type de situations, ont résisté courageusement et agi conformément à des principes de justice et d’égalité, mais ils et elles n’ont pas été la règle, plutôt l’exception. Le Pen ne pourra pas gouverner face à la rue » Selon un argument différent, venant plutôt de la gauche radicale, on prétend que Le Pen ne pourra pas mettre en œuvre son projet parce que la résistance sociale sera trop importante. Dans une version plus optimiste encore, son élection serait l’étincelle tant attendue, le signal annonciateur d’un soulèvement plus ou moins irrésistible qui permettrait, enfin, de bousculer l’ordre social. Là encore, il faut se garder des prédictions définitives. Il n’est pas absolument impossible qu’une large mobilisation émerge dans les zones de force de la gauche et du mouvement syndical, et/ou parmi les principales cibles de l’extrême droite. Mais on peut douter que cela se produise à froid et suite à ce qui serait une double défaite ne pas avoir réussi à hisser la gauche de rupture au 2nd tour de l’élection présidentielle et ne pas avoir réussi à battre la force politique la plus réactionnaire et la plus raciste. On peut le regretter, on devra appeler de manière volontariste à la révolte, mais en général les défaites ne produisent pas – en tout cas pas immédiatement – une volonté de se battre. Ce qui domine en général c’est un sentiment de sidération mais aussi d’abattement, de démoralisation, souvent à la mesure des espoirs suscités ; et l’on sait que beaucoup d’espoirs ont été placés dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon, seul capable à gauche d’accéder au 2nd tour et de nous éviter le désastre d’un duel Macron/Le Pen. À cela s’ajoute bien souvent la désorientation on peut d’ailleurs considérer le vote Le Pen chez des électeursrices de Jean-Luc Mélenchon comme une forme extrême de désorientation, tant ce qu’a défendu ce dernier est à l’opposé des valeurs et des politiques qui sont celles de l’extrême droite, de Marine Le Pen. Bien sûr, il faudrait ajouter que cette désorientation est nourrie par cinq ans de brutalisation macroniste et favorisée par plusieurs décennies de banalisation des idées » d’extrême droite dans les médias dominants mais aussi à travers les politiques menées par les gouvernements successifs dans la période récente les lois dites asile-immigration », séparatisme », sécurité globale », etc.. Cela étant dit, si Le Pen était élue, l’essentiel se jouerait bien dans la capacité de mobilisation de la gauche politique et des mouvements sociaux mobilisation sociale évidemment manifestations, grèves, blocages, etc. mais aussi électorale les élections législatives seront un test assez crucial de ce point de vue. L’arrivée de Le Pen au pouvoir ne signifierait pas en un claquement de doigts l’impossibilité de lutter, comme l’ont montré les victoires de Trump aux États-Unis ou de Bolsonaro au Brésil. Il faudrait alors enrayer le processus de fascisation de l’État par nos luttes, sociales et politiques, mais dans des conditions assurément plus difficiles que sous Macron ce dernier étant largement délégitimée, les mobilisations sociales des années à venir pourraient s’appuyer sur les mouvements du quinquennat précédent. À l’inverse, Marine Le Pen bénéficierait sans doute, dans une partie de la population au moins, d’une sorte de bénéfice du doute, et elle pourrait naviguer habilement faire quelques concessions à certains secteurs des classes populaires pour mieux s’attaquer à d’autres ; engager des compromis avec certaines organisations syndicales par exemple pour s’en prendre plus aisément aux syndicats les plus combatifs. Ne minimisons pas en outre à quel point, sous un pouvoir d’extrême droite par définition radicalement hostile aux minorités et aux mouvements d’émancipation et à l’inverse entièrement favorable à la police, le sentiment d’impunité de celle-ci s’élèvera à des niveaux inédits vis-à -vis des exilées, des musulmanes, des Rromes, des quartiers populaires et d’immigration, des manifestantes, des grévistes, etc. Le Pen ne correspond pas aux intérêts du patronat » Un argument, là encore présent au sein de la gauche radicale, consiste à affirmer que l’extrême droite ne pourrait gouverner parce que son programme ne correspondrait pas aux intérêts du patronat. Si jamais Marine Le Pen était élue, le capital ferait obstacle à la mise en œuvre d’une partie importante de son projet. Il est vrai que le RN n’est pas l’option première du grand patronat, et la grande majorité des médias et des idéologues bourgeois ont fait campagne pour Macron. Ils auraient également pu soutenir Valérie Pécresse mais il s’est rapidement avéré que cette dernière n’avait aucune chance Macron est donc apparu aisément comme le meilleur défenseur de l’ordre social, le seul capable d’aller jusqu’au bout du projet néolibéral de refonte des rapports sociaux dans le sens de la concurrence généralisée, de la privatisation, de la marchandisation, etc. On peut pourtant objecter plusieurs choses à cet argument. Tout d’abord, le fascisme n’était pas non plus le premier choix de la classe dominante dans l’entre-deux-guerres ; ses leaders – Mussolini ou Hitler – ne faisaient pas partie du sérail, ils apparaissaient comme des personnages grotesques et imprévisibles. Cela n’a pas empêché une grande partie de la classe dominante, y compris certains de ses secteurs dominants, de se rallier au fascisme. D’autres secteurs ont pu lui être hostiles soit initialement soit plus tardivement, mais pour l’essentiel ils s’y sont accommodés parce qu’ils y ont trouvé leur intérêt. On trouve en effet un élément dans la politique fasciste ou néofasciste qui ne peut que susciter l’assentiment des bourgeoisies, à savoir l’écrasement brutal ou l’étouffement progressif des mouvements de contestation sociale, en particulier des syndicats, car celle-ci permettrait de revenir rapidement sur les principales conquêtes sociales de la classe travailleuse protection sociale, services publics et droit du travail notamment, qui restreignent le champ de l’accumulation du capital ou limitent l’exploitation. Du point de vue capitaliste, il y a évidemment des risques à s’engager dans cette voie une politique trop brutale vis-à -vis des mouvements sociaux pourrait provoquer l’émergence d’une mobilisation radicale de masse, et la classe dominante préfère en général s’épargner ce genre de risque, en préférant anesthésier les syndicats par toute la politique dite de concertation sociale », de dialogue social », etc., ou en faisant quelques vagues concessions très vagues dans la dernière période. Mais si la crise politique s’approfondit et si la classe dominante a le sentiment non seulement qu’une riposte de grande ampleur est improbable du côté des classes populaires mais aussi que le pouvoir est suffisamment solide, ils peuvent être prêts à soutenir une politique de confrontation violente avec les organisations syndicales et les mouvements sociaux. De même, la politique de l’extrême droite ciblant les travailleursses étrangersères pourrait gêner formellement certains secteurs du patronat, ceux qui en emploient une part conséquente le BTP par exemple, y compris des travailleursses sans-papiers. Mais ne doutons pas du fait que l’extrême droite parviendrait certainement à des compromis avec le patronat de la construction, sans parler du fait que la classe capitaliste dans son ensemble trouverait avantage à une politique qui aurait pour effet évident d’accentuer toutes les divisions déjà existantes au sein de la classe travailleuse. Il faut remarquer par ailleurs que l’extrême droite bénéficie d’ores et déjà de soutiens dans les franges les plus réactionnaires de la classe dominante qu’on pense à Bolloré. En outre, l’émergence politique de Zemmour a permis à l’extrême droite de s’implanter beaucoup plus largement dans des secteurs des classes dominantes qui soutenaient plutôt la droite conservatrice auparavant ; les votes pour Zemmour dans les beaux quartiers de l’Ouest parisien en témoignent, mais aussi la liste de ses soutiens et donateurs qu’avait publiée Mediapart il y a quelques mois. Une variante de cet argument existe aussi sous la forme suivante les capitalistes n’ont pas besoin du fascisme parce qu’il n’y a pas actuellement de menace révolutionnaire, de force sociale et politique capable de renverser le pouvoir bourgeois, etc., donc le fascisme ne peut vaincre. Dans cette vision, le fascisme ne serait qu’un instrument utilisé par la classe dominante en cas de besoin, privé de toute autonomie même relative et dont la seule logique serait la défense des intérêts de classe bourgeois. C’est manquer le fait que les fascistes, s’ils ne remettent jamais en cause l’ordre socio-économique une fois au pouvoir malgré des discours aux tonalités anticapitalistes lorsqu’ils cherchent à séduire les classes populaires, ne sont pas une pure machination inventée par la bourgeoisie ; ils constituent une force politique qui s’appuient sur d’autres fractions de classe, en particulier les couches moyennes qui lui fournissent ses cadres, et qui développent un projet politique distinct de celui des bourgeoisies, au moins le temps de la conquête du pouvoir, lui permettant de gagner l’adhésion d’une diversité de couches sociales. C’est oublier aussi que, historiquement, les fascistes ne sont généralement pas parvenus au pouvoir en situation pré-révolutionnaire ou révolutionnaire, pour réprimer un soulèvement généralisé, mais plutôt dans des situations d’instabilité politique dans lesquelles le mouvement ouvrier et la gauche se trouvaient plutôt dans une phase d’affaiblissement, de désorientation et de division même s’il est vrai qu’en tant que phénomène historique le fascisme a été une des formes prises par la contre-révolution, dans le contexte ouvert par la Révolution russe. On pourrait également évoquer le fait que les néofascistes sont passés maîtres dans l’art d’inventer des menaces imaginaires, aidés en cela par des officines et des idéologues beaucoup plus mainstream outre le complot grand-remplaciste », la colonisation à l’envers », l’ infiltration islamo-gauchiste » ou la tyrannie des minorités », on a vu les extrêmes droites et autres droites radicales faire d’Obama un socialiste » aspirant à transformer radicalement les États-Unis, prétendre que les nations seraient écrasées sous le joug du marxisme culturel », affirmer que les sociétés occidentales seraient en voie de féminisation » et de dévirilisation », ou encore que nous vivrions en régime communautariste et racialiste anti-blanc, autrement dit un apartheid inversé » Michel Onfray. Tout cela visant à légitimer en réalité une politique d’affirmation blanche, nationaliste et masculiniste, une contre-révolution coloniale, raciale et patriarcale. Autant dire que l’extrême droite n’a pas besoin de menace révolutionnaire réelle pour s’ériger en rempart de l’ordre social contre des conspirations imaginaires, des révolutions fantasmées et des dominations inventées de toutes pièces. Le Pen se normaliserait une fois au pouvoir » Il est encore une autre manière de sous-estimer le danger prétendre qu’en arrivant au pouvoir, l’extrême droite se normaliserait et mènerait une politique plus ou moins identique aux gouvernements qui se sont succédés au pouvoir depuis des décennies. Ce n’est pas à exclure. Il n’est pas absolument impossible qu’en faisant alliance avec des secteurs de la droite, en accédant aux sommets de l’État, les tendances à la notabilisation du FN/RN s’accentuent et que ses dirigeants oublient leur projet fondamental et leurs propositions les plus notoirement d’extrême droite priorité nationale », interdiction du foulard, etc., pour mieux se maintenir au pouvoir en apparaissant comme des gestionnaires sérieux et responsables du système. Il s’agit pourtant d’une issue peu probable, pour au moins trois raisons. Si les dirigeantes du FN/RN n’aspiraient qu’à accéder au pouvoir et n’étaient que de purs opportunistes sans projet spécifique, cela fait longtemps qu’ils auraient pu bénéficier de bien davantage d’élues en se débarrassant de leurs propositions historiques et en cherchant systématiquement à faire alliance avec la droite. Ce n’est pas ce qui s’est passé au cours des dernières décennies ils ont presque toujours maintenu une indépendance vis-à -vis de la droite traditionnelle et n’ont pas abandonné leur programme, ce qui a très fortement limité leur capacité à obtenir des élues. Avec toujours le même objectif une conquête du pouvoir seuls ou en position dominante, jamais comme partenaire subalterne. Un autre élément important, c’est que leur électorat – qu’ils ont su élargir et stabiliser au cours des années 2010 – ne leur pardonnerait certainement pas de ne pas aller plus loin, et même beaucoup loin, que ce qu’ont fait les gouvernements précédents, vis-à -vis notamment des migrantes, des étrangersères, des minorités musulmanes, rromes, etc., des quartiers populaires et de l’immigration. Un parti qui vient d’être élu cherche généralement à stabiliser sa base électorale, et pour cela à la satisfaire dans ses aspirations fondamentales. Or, on sait la place que prennent la xénophobie et le racisme dans les motifs du vote pour le FN/RN. Ajoutons encore un point l’émergence sur la scène politique de Zemmour et la création de son organisation Reconquête signifie comme on l’a dit plus haut qu’il y aura pour le FN/RN un allié possible mais aussi un concurrent, tendu vers l’objectif de dérober à Le Pen son électorat. En cas de victoire de celle-ci, Zemmour et son parti feront assurément de la surenchère anti-immigrées et islamophobe, lui reprochant sans cesse de ne pas aller suffisamment loin. Cela aura pour effet de faire apparaître le FN/RN comme plus modéré et républicain », donc à le légitimer et ses politiques avec, mais cela constituera aussi une pression à aller effectivement toujours plus loin pour ne pas perdre le monopole de la radicalité nationaliste et suprémaciste-blanche. Ugo Palheta est sociologue, maître de conférences à l’université de Lille, membre du Cresppa-CSU et co-directeur de la revue Contretemps. Il est l’auteur de nombreux articles pour Contretemps, deLa Possibilité du fascisme La Découverte, 2018, de Face à la menace fasciste avec Ludivine Bantigny, éd. Textuel et, tout récemment avec Omar Slaouti, de Défaire le racisme, affronter le fascisme La Dispute, 2022.
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