Publiéle 12/05/2022. Lundi 21 mars était diffusé sur France 5 en prime time un reportage de Hugo Clément « Sur le front » traitant notamment de l’énergie nucléaire. Emmanuelle Galichet, enseignante chercheure au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), experte en physique nucléaire, a regardé ce reportage avec intérêt. Cétait un bateleur dentiste en tournée, qui offrait au public des râteliers complets, des opiats, des poudres et des élixirs. Fantine se mêla au groupe et se mit à rire comme les autres de cette harangue où il y avait de l'argot pour la canaille et du jargon pour les gens comme il faut. L'arracheur de dents vit cette belle fille qui riait, et s'écria tout à coup : — Vous avez de Catalog For You; La Voix de l'Est. UNE PART DE MAGIE ET BEAUCOUP DE TRAVAIL 2022-07-23 - LOUIS-SIMON GAUTHIER ls.gauthier@lenouvelli­ Houle a conquis le Àlire aussi Transports scolaires: «Économiquement on ne peut pas continuer comme ça». Pour ce faire, le Président entend user de leviers qui sont les siens – revalorisation MaxanceCloutier. Les yeux humides, Hugo Houle a fait frissonner le Québec et les amateurs de cyclisme du monde entier en remportant mardi une victoire d’étape historique au Tour de France Desvoix dans la tourmente. par Alexis Buffet. 1 décembre 2021. Autour de la disparition d’un enfant dans le blizzard, Marie Vingtras entrelace les brefs monologues intérieurs d’une poignée de personnages désorientés. Un premier roman sombre sur la paternité et la culpabilité, bien construit et au suspense efficace, mais dont le . Jacqueline Eustache-Brinio LR à l'origine de la proposition d'une proposition de loi débattue ce mardi échange avec Esther Benbassa EELV qui y est radicalement opposée. POLITIQUE - Elles ont pourtant, sur le papier, des choses en commun. Toutes les deux membres de la prestigieuse commission des Lois du Sénat, nées dans les années 1950, anciennes professeures et élue ou ex-élue de banlieues parisiennes. Mais malgré ces quelques points de biographie, peu de choses mettent d’accord Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice Les Républicains du Val-d’Oise, à l’origine de la proposition de loi pour interdire le voile lors des sorties scolaires et Esther Benbassa, historienne des religions et sénatrice EELV de Paris, auparavant dans le Val-de-Marne, viscéralement opposée au texte. Elles débattront dans l’hémicycle, ce mardi 29 octobre à partir de 14h30, de la proposition de loi visant à “assurer la neutralité religieuse des personnes concourant au service public de l’éducation”, déposée en juillet 2019 par l’élue LR. Elle la défendra, Esther Benbassa votera contre. Une semaine avant, mercredi 23 octobre, dans le salon feutré Victor Hugo du Sénat, Le HuffPost les a réunies pour parler laïcité, interdiction du port du voile lors des sorties scolaires et lutte contre la radicalisation. Un débat avant le débat que vous pouvez retrouver en vidéo en tête d’article. Le HuffPost Jacqueline Eustache-Brinio, pourquoi avoir déposé ce texte? Esther Benbassa, pourquoi voterez-vous contre? Jacqueline Eustache-Brinio Je suis un pur jus de l’école de la République, j’y suis très attachée. Nous avons aujourd’hui des difficultés autour de la gestion des sorties scolaires. Les enseignants ont des attitudes différentes selon les classes ou les écoles. J’estimais, dans la foulée de la loi de 2004 qui interdit les signes religieux en classe que les choses devaient être clarifiées et que ce ne soit pas à chacun d’interpréter le texte comme il l’entend. Esther Benbassa Moi je m’oppose à cette loi parce que je suis la loi de 1905 telle qu’elle a été votée, à savoir la liberté de culte. Lorsqu’on a fait ce texte en 2004 pour que les élèves ne portent aucun signe distinctif, je n’étais pas pour. Néanmoins, cette loi est en vigueur. Le foulard n’est en revanche pas interdit pour les sorties scolaires. Je préfère une mère qui porte un voile, qui accompagne son enfant et qui lui montre l’importance de l’éducation plutôt que d’entrer dans cette interdiction qui est une stigmatisation. Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, veut interdire les “listes communautaires”. Il vise notamment un parti, l’Union démocrate des musulmans de France UDMF. Qu’en pensez-vous? Esther Benbassa Les temps sont durs pour votre parti, c’est pour ça que vous mettez tous ces sujets sur la table. C’est politique. Vous avez fait 8,5% aux dernières européennes et vous marchez sur les platebandes du Rassemblement national. Bruno Retailleau veut interdire les partis communautaires, il faut donc interdire la démocratie chrétienne. Vous direz à Jean-Frédéric Poisson ex-député LR, président du Parti Chrétien démocrate, ndlr de ne plus se présenter aux élections, et vous ne discuterez plus avec grand monde, ni en Allemagne avec le parti chrétien-démocrate, ni au Parlement européen... Jacqueline Eustache-Brinio Il y a une grande différence. Prenez la CFTC Confédération française des travailleurs chrétiens, ndlr, par exemple. Ce syndicat s’adresse à tout le monde, pas seulement aux salariés chrétiens. Jean-Frédéric Poisson s’adresse à tous les Français, alors que ce parti s’adresse seulement aux musulmans. C’est donc du communautarisme. "C'est la loi avant la foi. Pas le contraire" Comment lutter contre le “communautarisme”? Jacqueline Eustache-Brinio Je vis en banlieue, madame, dans un département où l’on a des risques communautaristes très forts. Je n’ai pas envie que des villes tombent aux mains des salafistes ou du CICF Collectif contre l’islamophobie en France, ndlr. Une partie de la population vit dans un enfermement d’une religion qui dit “c’est la foi avant la loi”. Eh bien non, c’est la loi avant la foi. C’est basique. C’est à la République de dicter notre comportement. Esther Benbassa Nous sommes d’accord, mais seulement 5% des musulmans sont salafistes! La radicalisation, personne ne peut être pour, je ne connais pas une seule personne qui vous dira ça, mais il faut trouver les solutions pour la combattre. Les pouvoirs publics n’assument pas leurs responsabilités pour endiguer ce phénomène mortifère. Si l’on en vient à mêler radicalisation, voile, islamiste, on ne s’en sortira pas. Parlons de la classe moyenne musulmane qui n’a rien avoir ni avec la radicalité, ni avec l’islamisme. Comment sortir de ce débat qui dure et conduit à des amalgames ? Jacqueline Eustache-Brinio Ce n’est pas du tout le grand mélange. L’extrême droite et l’islamisme s’autoalimentent. Ils font de la communication et ils se servent les uns des autres. Au milieu, il y a une voix qui est celle de la République et de la sagesse. La question, c’est qu’est ce qu’on partage en commun, sur des règles communes? C’est comme ça qu’on s’est construit dans les quartiers populaires dont je faisais partie, avec des gamins de toutes origines et ça se passait très bien. Par cette loi, on protège ces enfants. Esther Benbassa Pour vivre ensemble, il vaut mieux partager le gâteau. Les personnes issues de l’immigration n’ont pas la même part du gâteau et en plus vous les montrez du doigt et c’est dommage parce que je partage votre idée très théorique de vivre ensemble, mais ce n’est pas avec des lois comme ça qu’on va vivre ensemble. Quand on est attaqué, on se replie. Vous continuez, alors il y aura plus de replis... Y a-t-il un risque de “guerre civile” en France comme l’aurait sous-entendu Emmanuel Macron devant des proches, selon France Info? Esther Benbassa Il y a un risque de guerre civile si vous continuez avec toutes vos lois! Jacqueline Eustache-Brinio Il y aura plutôt une guerre civile si vous ne faites rien! On peut mettre ces problèmes pour lesquels le président de la République dit que nous allons aller en guerre civile sous le tapis, mais aujourd’hui ça nous explose à la figure. “Ce voile, c’est de la diversion au sens pascalien" Esther Benbassa J’ai beaucoup apprécié ce qu’a dit Édouard Philippe, même si je ne partage pas ses idées politiques. Il a dit “j’ai une boussole, c’est la loi”. C’est la voix de la sagesse. Il y a plus de 9 millions de pauvres, il y a eu les gilets jaunes, il y a des problèmes économiques graves, et nous on s’occupe de savoir si telle maman qui offre de son temps libre porte le voile ou pas? C’est une diversion ce voile, c’est de la distraction au sens pascalien parce que vous n’avez pas de programme à offrir aux Français. Jacqueline Eustache-Brinio La boussole c’est bien, mais encore faut-il savoir où l’on va et dans quelle direction! Sur la radicalisation, comme d’habitude, on attend. On n’a que des mots, mais rien de concret. Cette loi dépasse le cadre politique, cest un front républicain que nous devons réunir avec des gens de droite et de gauche. Depuis que je travaille sur ces questions, je vois beaucoup d’élus de gauche qui sont d’accord avec moi. Faut-il changer la loi de 1905? En chœur Non Enfin quelque chose qui vous met d’accord! C’est étonnant, avec vos deux visions opposées, que vous soyez d’accord sur le fait de ne pas changer la loi sur la laïcité... Jacqueline Eustache-Brinio Les religions jusqu’à présent se sont fondues dans la loi de 1905. Ce n’est pas à nous de nous adapter, mais à elles. Esther Benbassa Vous oubliez qu’il n’y a pas eu de concordat pour l’Islam comme il y en a eu pour le protestantisme par exemple. Un Islam de France est en train de se constituer, renforçons-le, c’est la seule guerre que nous pouvons mener contre les salafistes et la radicalisation. Jacqueline Eustache-Brinio Bien sûr, c’est à l’Islam de rentrer dans la république. Esther Benbassa Enfin, une grande partie des musulmans vivent dans cette république! Jacqueline Eustache-Brinio Oui, je n’ai pas dit “les musulmans”, j’ai dit “des musulmans”. Et elles se serrèrent la main. À voir également sur Le HuffPost Accueil •Ajouter une définition •Dictionnaire •CODYCROSS •Contact •Anagramme des voix comme ça, hugo en a eu beaucoup — Solutions pour Mots fléchés et mots croisés Recherche - Solution Recherche - Définition © 2018-2019 Politique des cookies. Hugo Siquet est heureux à Fribourg, qu’il a rejoint durant le mercato hivernal. C’était l’étape idéale», dit le latéral droit, qui explique les conditions dans lesquelles il a quitté le Standard et les raisons qui l’ont incité à rejoindre le club classé sixième de Bundesliga. Article réservé aux abonnés Publié le 25/02/2022 à 0630 Temps de lecture 10 min Au pied des montagnes de la Forêt-Noire, Hugo Siquet a trouvé l’endroit idéal pour poursuivre, à 19 ans, son ascension, dans un environnement qui sied pleinement à sa mentalité. Fribourg est une ville très agréable à vivre, pas énorme, calme et chaleureuse», dit-il. C’est parfait». Parfait à l’image de la saison que livre le SC Freiburg, sixième de Bundesliga à quatre points seulement du top 3 à quelques heures d’affronter samedi après-midi le Hertha Berlin, qui s’était lui aussi intéressé à l’ancien latéral droit du Standard. Depuis l’appartement dont il a pris possession en tout début d’année, Hugo Siquet est longuement revenu sur son départ de Sclessin, son arrivée à Fribourg et ses ambitions. Cet article est réservé aux abonnés Avec cette offre, profitez de L’accès illimité à tous les articles, dossiers et reportages de la rédaction Le journal en version numérique Un confort de lecture avec publicité limitée Le fil info La Une Tous Voir tout le Fil info Aussi en Standard Vidéo Mercato le Standard se renforce avec l’arrivée d’Osher Davida officiel Le Standard a un besoin urgent de qualité et il l’a bien compris. Didier Lamkel Ze ne rejoindra pas le Standard le Camerounais va signer à Courtrai! Analyse Standard, Anderlecht, Bruges... pour certains clubs, le temps presse à quelques jours de la fin du mercato Analyse Standard après cinq matches, Ronny Deila constate l’ampleur des dégâts Osher Davida sur le point de s’engager au Standard le joueur israélien passe actuellement sa visite médicale Voir plus d'articles Allez au-delà de l'actualité Découvrez tous les changements Découvrir À la Une Bruxelles un incendie dans le métro Par Publié le 25/03/2015 à 1348 Il est né à Oufa, en Russie, là où Chaliapine a commencé sa carrière. Le parallèle est tentant Ildar Abdrazakov serait-il un de ces chanteurs russes telluriques? Mais la voix de la basse star de sa génération est bien plus que cela. Rencontre. Ce soir, il vous présente l’un de ses Diables, celui de Charles Gounod. Mais demain, il pourrait vous proposer ceux de Boïto ou de Berlioz avec le même charisme. Ou alors il reviendrait à Figaro de Mozart, rôle qui semble le reposer, au contraire du répertoire russe, dont il ne s’estime pas un interprète de prédilection ­ nul n’est prophète en son pays ! Pourtant, lorsqu’il incarne Attila de Verdi, son cher Attila, c’est comme s’il convoquait ses ancêtres tatars pour incarner le roi des Huns. Quand on a moins de quarante ans et qu’on a déjà chanté autant de personnages qu’en trois décennies d’autres cumuleraient avec précaution, que reste-t-il donc à faire ? À se garder de toute routine, déjà. Donc à peaufiner, à creuser le sillon et, avec sagesse, élargir la galerie de en une quinzaine d’années, le Russe Ildar Abdrazakov s’est imposé comme la basse star de sa génération, adoré des publics de la Scala de Milan et du Met de New York et d’une poignée de chefs d’orchestre qui ne jurent que par lui. Ces diables, ces rois et ces mages qu’il incarne aux quatre coins du monde sont au diapason d’un physique de géant et d’une voix comme on rêve d’en entendre tous les jours altière, grande et vibrante, pourvue d’un velours et d’un cantabile qui rayonne et vous s’il sait tirer de son timbre des accents noirs et rugueux, Ildar Abdrazakov n’a rien de la basse russe aux graves sépulcraux il est la relève attendue des grandes basses chantantes d’hier. Vous êtes de nationalité russe, mais vous vous illustrez finalement assez peu dans ce répertoire. Votre voix ne lui convient-elle pas? Si, elle lui convient, et je chante quelques rôles russes ­ mais peu, c’est vrai Dossifei dans La Khovanchtchina, par exemple, mais aussi le Prince Igor de Borodine, encore que je ne le reprendrai plus, je trouve sa tessiture trop tendue. Pour Boris Godounov, j’attends encore un peu. Votre français et votre italien sont d’une grande clarté d’élocution, débarrassés des scories observées parfois chez les Russes comment vous y êtes-vous pris ? Beaucoup d’exercice, mais aussi quelques facilités dues à ma langue maternelle. Je suis né en Russie, dans la République de Bachkirie, où nous avons notre propre langue, quasi similaire au turc. Notre alphabet compte des " a ", des " e " ­ Oufa, ma ville natale se prononce d’ailleurs " Eu-feu ", comme votre " euh " français. Quelle est la tradition lyrique en Bachkirie ? Y a-t-il des chanteurs célèbres ? Pas spécialement, si ce n’est que Feodor Chaliapine a commencé sa carrière à l’Opéra d’Oufa. Il était seconde basse dans les choeurs et a remplacé du jour au lendemain un chanteur soliste tombé malade. La légende dit même qu’il a appris le rôle dans la nuit. De quel milieu venez-vous ? Et comment avez-vous découvert l’opéra ? Mes parents, bien que non musiciens, travaillaient dans le domaine artistique. Mon père, disparu il y a tout juste huit ans, était acteur de théâtre, puis est devenu metteur en scène et réalisateur il a signé une cinquantaine de courts métrages ­ et même un long métrage, dans lequel je fais une petite apparition ­ sur les gloires artistiques de Bachkirie, ses poètes, ses musiciens, ses peintres. Ma mère, aujourd’hui retraitée, était dessinatrice sur verre. Quand j’étais petit, mon père a acheté un piano, sur lequel j’ai commencé à tapoter dès six mois il jouait du violon, de l’accordéon, de la mandoline et du piano en autodidacte, et c’est très naturellement qu’à la maison je l’accompagnais, sans avoir appris. À l’âge de six ans, on m’a mis dans une classe de piano. Pendant cinq ans. Mais les Inventions de Bach ou les Études de Czerny n’étaient pas trop à mon goût. N’aviez-vous pas envie de devenir acteur ? Il fallait finir l’école déjà. À l’époque, c’était évidemment l’URSS, sans le confort et les possibilités d’aujourd’hui. La vie était-elle difficile ? Je ne sais trop dire. Nous avions à manger, donc ça allait. Bien sur, ça n’était pas l’Europe ! On n’avait pas de choix, mais on s’en contentait. Pas de vacances au bord de la mer, ni rien. Je me suis baigné pour la première fois dans la mer à vingt et un ans, vous savez, personne n’avait d’argent. Mais je ne dirai pas que nous avions une vie malheureuse. Et votre voix, comment l’avez vous découverte ? À l’église ? Pas du tout ! Non seulement on a très peu d’églises à Oufa, deux je crois, mais la religion était bannie à l’époque soviétique. Et puis la Bachkirie, située à 1 300 kilomètres de Moscou, en plein Oural, entre l’Europe et l’Asie, est une république islamique ­ mon héritage familial est musulman, même si je ne fréquentais pas la mosquée. C’est à l’école que je chantais. D’abord dans un choeur. Quand j’étais enfant, on disait surtout que mon intonation était juste. J’ai commencé à me produire comme soliste lorsque j’ai arrêté le piano. Durant les vacances d’hiver et de printemps, de grands concerts étaient organisés, et ma professeure de piano, qui découvrait alors mes capacités vocales, m’accompagnait régulièrement dans ces kermesses populaires… qui m’ont même permis de sécher des cours et des examens. Qui vous a donné l’envie d’aller plus loin ? Mon frère Askar, de sept ans mon aîné, a joué un rôle important. Il avait étudié le chant avec ma mère, qui n’était pourtant pas musicienne! Je les entendais entonner des chansons tatares et bachkirs, et ça me faisait envie. Encore plus envie lorsque mon frère a décidé de s’inscrire au Conservatoire d’Oufa ; je l’ai suivi dans ses cours, et là, sa professeure a fini par m’accepter à son tour. On a donc travaillé tous les deux au même Conservatoire ; mais quand j’y suis arrivé, sa carrière avait déjà débuté en Italie, en France, au Bolchoï, et avec quelles promesses… Que chantiez-vous à cette époque ? Des airs de Haendel, de Scarlatti, des arie antiche. Puis un peu de Verdi, l’air de Banquo dans Macbeth, de Silva dans Ernani, et quelques pages russes aussi. Mon premier rôle, ce fut Surin dans La Dame de Pique, quand j’avais vingt ans, au Festival Chaliapine de ma ville. Avec Irina Arkhipova, la mezzo légendaire, en vieille Comtesse, et son mari, Vladislav Piavko en Hermann, imaginez! Totalement inculte dans le domaine, j’avais refusé au directeur du théâtre le rôle de Wagner dans Faust de Gounod l’année précédente, me disant " Chanter Wagner, mais c’est une plaisanterie ?! " Alors que le personnage n’a que deux répliques ! [Il sourit.] Ensuite, tout se passe très vite. Deux ans après ce petit rôle, vous voici Figaro au Mariinsky de Saint-Pétersbourg avec Anna Netrebko, rien de moins ! Oui. Après les concours, ma carrière s’est envolée. Il faut dire que je les enchaînés et qu’ils m’ont ouvert bien des portes. Il y a eu le concours Arkhipova, le concours Glinka en 1997, l’année suivante le concours Rimski-Korsakov à Saint-Pétersbourg, puis le premier concours Obraztsova en 1999. Le cinquième et dernier concours, " Voci Verdiane ", était un peu particulier près de huit cents chanteurs étaient auditionnés en Italie sur une période de trois mois. Je passais un tour, je repartais en Russie, et ainsi de suite, trois fois de suite. En finale ne restaient qu’un baryton, un ténor, une basse, une soprano et une mezzo… Et je l’ai remporté. Comment avez-vous rencontré Valery Gergiev? Grâce à l’un des concerts du concours Arkhipova en tournée à Saint-Pétersbourg. Il m’a demandé de venir auditionner pour lui, et je me rappelle encore cette audition à 2 heures du matin dans la salle du Mariinsky, devant toute l’équipe! Voilà tout Valery! Je lui ai présenté un air d’Aleko de Rachmaninov, et c’est ainsi qu’avant d’avoir terminé le Conservatoire d’Oufa, j’avais déjà des contrats au Mariinsky et en Italie. CorrigéIntroductionLes poètes romantiques ont dû se défendre contre de nombreuses attaques. Aussi Victor Hugo, dans la préface des Contemplations, répond-il à ceux qui se plaignent des écrivains qui disent moi ». Il assure que le moi » du poète peut aussi se transformer en nous ». Mais peut-on aller jusqu'à affirmer que le poète devient une âme collective », comme le fait Baudelaire dans un article consacré à Victor Hugo en 1861 ? Pour mieux comprendre les liens qui unissent le poète et son lecteur, nous commencerons par analyser le rôle du je ». Nous montrerons ensuite que le moi » peut se faire le porte-parole de ceux qui sont condamnés au silence. Les mots du poète gagnent alors une portée universelle. Un cri de l'âme »Des voix singulièresLe moi » occupe bien une place importante dans Les Contemplations. Victor Hugo nous propose par exemple une série de rêveries qui mettent une âme » à nu. C'est le cas dans Les Oiseaux » Je rêvais dans un grand cimetière désert ; De mon âme et des morts j'écoutais le concert, Parmi les fleurs de l'herbe et les croix de la tombe. […] Autour de moi, nombreux, […] Des moineaux francs faisaient l'école buissonnière. Non seulement l'âme du poète est la source de la rêverie, mais c'est bien autour du moi » que gravitent les oiseaux et le reste du poème. Victor Hugo va plus loin en mettant un événement intime au centre des Contemplations la mort de sa fille Léopoldine. Si le recueil s'assombrit peu à peu, le début de Pauca meae » marque bien une rupture. Le poète, pourtant si prolixe, devient même silencieux dès lors qu'il s'agit d'évoquer le 4 septembre 1843, date de la mort de sa fille et de son gendre. Les mots ne semblent plus capables de traduire son trouble. Il poursuit tout de même son chemin et fait revivre un passé chéri pour oublier un morne présent Oh ! je l'avais, si jeune encore, Vue apparaître en mon destin ! C'était l'enfant de mon aurore, Et mon étoile du matin ! IV, 6 Ce recueil peut alors rappeler les Méditations poétiques de Lamartine. Ce dernier évoque lui aussi, dans Le Lac », une douloureuse disparition Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir !De la musique avant toute choseIl ne faut cependant pas considérer le poème comme un récit autobiographique. Il ne s'agit pas seulement de raconter une série de souvenirs personnels il importe avant tout de les sublimer par la beauté du chant poétique. Le poète devient ici l'égal d'Orphée, qui utilisait lui aussi sa lyre pour charmer et évoquer sa peine. Hugo fait souvent référence à ce mythe dans son recueil, à tel point qu'il écrit j'entends ce qu'Orphée entendit ». Le lyrisme ne repose donc pas seulement sur l'expression de sentiments personnels. Il s'accompagne d'une musicalité que les vers parviennent à restituer. Les cordes de la lyre deviennent alors, pour le poète, les fibres mêmes du cœur de l'homme », comme l'écrit Lamartine. Dans La Fête chez Thérèse », la musique vient même de la nature, et le poème de Victor Hugo s'en fait l'écho Si bien qu'à ce concert gracieux et classique, La nature mêlait un peu de sa musique. De la musique avant toute chose », conseille justement Verlaine au début de son célèbre Art poétique ». Cette musicalité est intimement liée au travail sur les rythmes et les sonorités. C'est pourquoi Hugo, loin de s'en tenir à un seul type de vers, manie aussi bien un vers court comme l'octosyllabe qu'un vers long comme l'alexandrin. Il utilise également différents schémas de rimes. C'est aussi ce travail formel qui doit mettre en valeur les émotions du moi » en leur permettant de trouver une nouvelle forme, capable de toucher les lecteurs. On comprend dès lors pourquoi Hugo peut affirmer, dans la préface des Contemplations, que le recueil renferme les mémoires d'une âme ». Mais cette plongée dans l'intime n'exclut pas le détour par l' cri de révolteLa voix des sans voixOn sait combien Victor Hugo, dans ses romans ou ses discours, a accordé d'importance aux misérables », pour reprendre le titre d'une de ses plus célèbres œuvres. On se tromperait en pensant que ses poèmes font exception. Parler de lui n'empêche pas le poète de penser aux autres. C'est aussi en ce sens qu'il a charge d'âmes ». Ainsi, même si son recueil se compose d'éléments très intimes, Hugo se fait le porte-parole de ceux qui sont condamnés au silence. La misère qu'il évoque contribue à obscurcir cette Aurore » qui semblait pourtant si lumineuse au début du recueil. Écoutez », nous ordonne-t-il dans Melancholia ». Il nous invite à tendre l'oreille, pour entendre la douleur d' une femme au profil décharné, / maigre, blême, portant un enfant étonné / […] qui se lamente au milieu de la rue ». Il dénonce également le travail des enfants Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ? Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ? Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules. Au XXe siècle, Claude Roy a lui aussi utilisé la poésie pour faire entendre la voix de ceux qui souffrent. Comme il l'écrit Le poète n'est pas celui qui dit Je n'y suis pour personne Le poète dit J'y suis pour tout le poésie comme armeLa poésie peut donc servir à dénoncer les injustices, et les poètes sont souvent en première ligne pour attaquer ceux qui sont responsables du malheur des hommes. Les surréalistes l'ont bien montré durant la Seconde Guerre mondiale en participant au recueil L'Honneur des poètes. Dans Ce cœur qui haïssait la guerre », Robert Desnos proclame ainsi Révolte contre Hitler et mort à ses partisans ! » Victor Hugo n'est pas en reste, lui qui s'est opposé à Napoléon III jusqu'à la chute du Second Empire. C'est en exil qu'il écrit une partie des Contemplations et, dès 1852, il s'est attaqué dans Les Châtiments à celui qu'il surnomme dans un pamphlet Napoléon le Petit. À la fin du recueil, il se dresse encore dans Ultima verba » pour faire de l'écriture un acte de résistance. Le poète est bien décidé à ne pas abdiquer J'accepte l'âpre exil, n'eût-il ni fin ni terme ; […] Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ; S'il en demeure dix, je serai le dixième ; Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là ! Le poème devient alors un espace capable d'accueillir toutes les âmes. Il acquiert une dimension universelle dans la mesure où le cri du poète résonne dans l'esprit de chaque cri qui résonneUne portée universelleCertes, les poètes romantiques cherchent à faire entendre des voix singulières. Il s'agit pour eux de se distinguer des poètes qui les précèdent, comme le souligne par exemple Lamartine Je n'imitais plus personne ». Tout au long des Contemplations, Hugo cherche aussi à innover sur le plan formel, en faisant par exemple preuve d'audace sur le plan du lexique Et sur l'Académie, aïeule et douairière, Cachant sous ses jupons les tropes effarés, Et sur les bataillons d'alexandrins carrés, Je fis souffler un vent révolutionnaire. Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire. Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier ! Réponse à un acte d'accusation » Il s'agit précisément de rapprocher le poème du peuple, pour rendre le texte encore plus accessible. C'est que le poète travaille une matière qui concerne chaque lecteur. Éros et Thanatos voisinent par exemple dans ce recueil qui associe étroitement l'amour et la mort. Le recueil prend même certains accents métaphysiques lorsqu'il s'agit d'évoquer ce grand tout auquel chacun appartient. Le poète est alors celui qui éclaire le lecteur, quelle que soit son époque. Il vient, comme l'écrit Hugo dans Les Contemplations, vider dans notre nuit toute cette lumière ! » I, 18.L'épreuve du tempsPar ses mots, le poète tente également de résister à l'épreuve du temps. Certes, comme l'écrit Ronsard dans l'un de ses poèmes Le temps s'en va, le temps s'en va […], Las ! le temps non, mais nous nous en allons, Et tôt serons étendus sous la lame. Hugo constate aussi la fuite du temps et l'irrémédiable disparition des bonheurs passés Toutes ces choses sont passées / comme l'ombre et le vent ». Mais si les hommes passent et doivent bien se résoudre à mourir, si leurs souvenirs disparaissent avec eux, leurs écrits, eux, restent encore un peu avec les vivants. Avec ses Contemplations, Hugo construit ainsi un tombeau pour Léopoldine, et il enferme dans ses pages ses souvenirs les plus chers, comme dans le septième poème de Pauca Meae ». Le poète lutte contre le silence et renoue avec les mots que le deuil semblait menacer. Sa voix traverse alors les siècles pour venir jusqu'à nous. Ses émotions revivent en devenant les nôtres et nos propres souvenirs se reflètent dans ses poèmes. Le lecteur ne reste donc jamais à distance. C'est ce que nous rappelle Hugo dans sa préface quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! » Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère ! », écrit pour sa part Baudelaire au début de ses Fleurs du le moi » est bien au centre des Contemplations et de nombreux autres recueils, il est également appelé à se fondre dans un nous » beaucoup plus vaste. En ce sens, les mémoires d'une âme » sont aussi les mémoires d'une âme collective ». L'immense foule rassemblée pour les funérailles de Victor Hugo le 1er juin 1885 prouve d'ailleurs que ce n'est pas en vain que le poète a cherché à toucher ses lecteurs.

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